CIRCQ Articles L’impact du casier judiciaire face au marché du travail

L’impact du casier judiciaire face au marché du travail

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- « Bonjour, je suis bien à La Jonction? »
- « Oui, vous êtes à La Jonction, est-ce que l’on peut vous aider? »
- « J’ai une question à vous poser, je suis étudiante en 2e année en techniques juridiques, j’aimerais savoir si le fait que j’aie un casier judiciaire fera que je n’aurai pas d’emploi dans un bureau d’avocat? »

Ce genre de question fait partie de notre quotidien à La Jonction. Notre clientèle, les intervenants du réseau correctionnel, les agents d’Emploi-Québec et parfois des étudiants en cours de formation, nous demandent qu’elle est l’impact du casier judiciaire sur leur futur emploi.

En fait, plusieurs métiers ou professions sont inaccessibles pour la personne possédant un casier judiciaire, sans égard à la nature du délit. Dans ce cas, nous parlons du critère d’embauche ou de conditions d’accès à la profession, qui demande que toutes les candidatures aient un casier judiciaire vierge. Dans certains cas, avant même l’étape de l’embauche, des étudiants désirant accomplir un stage menant à l’obtention d’un diplôme, peuvent se faire refuser l’accès aux milieux potentiels de stage parce qu’ils ont un casier judiciaire. Pour nous à La Jonction, l’impact du casier judiciaire sur le choix d’emploi est une étape cruciale, car elle nous permet de donner l’heure juste à notre clientèle, face au marché du travail.

Dans d’autres cas, l’accès à une profession ou un métier est possible, mais les employeurs auront des restrictions face à l’embauche. Généralement, les employeurs vont tenter d’évaluer le risque associé à l’embauche du candidat en tenant compte de la nature des crimes, de la personnalité de l’individu, de son apparence, de l’absence de problèmes personnels, de toxicomanie ou autres et de ses qualifications. Ainsi, les employeurs vont questionner le candidat sur le sujet, ou simplement faire une vérification des antécédents judiciaires après avoir obtenu l’autorisation de la personne. Dans pareille situation, le candidat aura intérêt à être prêt à faire face aux questions des employeurs, en répondant de façon satisfaisante.

Il y a aussi des métiers qui demandent un permis, délivré par une instance compétente, et qui sont inaccessibles ou difficilement accessibles aux personnes judiciarisées. Il y a par exemple les propriétaires de services de transport par taxi, les agents de sécurité, qui ne peuvent exercer leur métier sans le permis.

En terminant, une nouvelle réalité nous rejoint depuis les attentats de septembre 2001 aux États-Unis, une norme de certification régissant les entreprises qui exportent aux États-Unis a été mise en vigueur. Cette certification vise à rendre plus sécuritaire les mouvements transfrontaliers vers les États-Unis. Il s’agit de la certification C-TPAT, à laquelle les entreprises doivent adhérer et pour laquelle elles doivent débourser un montant d’argent substantiel. Il s’avère qu’une entreprise accréditée C-TPAT, ne peut embaucher des personnes ayant un casier judiciaire, car elle risque de perdre son accréditation. Malheureusement, plusieurs entreprises qui font la démarche d’accréditation, sont des types d’entreprise pour lesquelles plusieurs personnes judiciarisées pourraient avoir de l’intérêt, soit des entreprises manufacturières et des entreprises de transport routier.

Malgré tout cela, il est important de retenir que la situation de la personne judiciarisée doit être analysée de façon individuelle et approfondie, afin de bien identifier les impacts de son casier judiciaire sur sa réintégration au marché du travail versus les ouvertures possibles et réalistes qui s’offrent à elle.

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